Gestes de premiers secours : protéger, alerter, secourir

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Personne pratiquant des gestes de premiers secours sur une victime allongée au sol
Photo par Brett Jordan sur Unsplash

Chaque année en France, près de 50 000 personnes décèdent d’un arrêt cardiaque extra-hospitalier. Des gestes de premiers secours réalisés dans les 4 minutes qui suivent multiplient par 2 à 3 les chances de survie, selon la Croix-Rouge. Ces gestes ne s’improvisent pas : ils suivent une logique simple, reproductible même sous stress. Cette séquence Protect-Examine-Alert-Secour vous guide pas à pas, avec des durées précises, des positions corporelles et les numéros à composer.

Sécuriser la zone : le premier des gestes de premiers secours

Avant de vous approcher, balayez l’environnement du regard. Un survol de 10 secondes suffit pour repérer quatre dangers fréquents : fils électriques arrachés, odeur de gaz, circulation automobile non interrompue, présence de verre brisé. Sur un accident de la route, une odeur d’essence doit vous faire reculer d’au moins 15 mètres.

Si le danger peut être écarté sans risque pour vous — actionner le frein à main d’un véhicule stable ou éloigner un objet tranchant —, faites-le. Sinon, composez le 112, le 15 (SAMU) ou le 18 (pompiers) sans déplacer la victime. Un secouriste blessé ralentit toute la chaîne de secours. Pendant cette inspection, parlez à voix haute : cela rassure la victime consciente et vous aide à garder votre calme.

Numéro d'urgenceServiceQuand l'utiliser ?
112Numéro unique européenToute situation d'urgence, notamment quand vous ne savez pas quel service appeler
15SAMUDétresse vitale, problème de santé grave
18PompiersIncendie, accident, brûlure, noyade
114Urgences par SMSPersonnes sourdes ou malentendantes, situation où parler est impossible

Évaluer l’état de conscience en trois questions

Agenouillez-vous à hauteur des épaules de la victime, posez une main sur son sternum et demandez fermement : « Vous m’entendez ? Serrez-moi la main si vous m’entendez. » Un pincement léger au niveau du trapèze gauche peut compléter la stimulation. Une personne consciente réagit en moins de 5 secondes : elle ouvre les yeux, émet un son ou exécute un geste.

Si la victime répond, posez quatre questions rapides pour évaluer son état : « Où avez-vous mal ? », « Avez-vous une maladie ou prenez-vous un traitement ? », « Avez-vous mangé ou bu récemment ? », « Que s’est-il passé ? ». Ces éléments, transcrits sur votre téléphone, feront gagner un temps précieux au SAMU. En cas de suspicion de traumatisme de la colonne vertébrale (chute de plus de 2 mètres, accident de deux-roues, douleur cervicale), demandez à la victime de ne pas bouger la tête, même si elle se sent capable de se relever.

Appeler les secours : un geste de premiers secours crucial

Appelez avant d’agir, sauf si la victime ne respire pas. Dans ce dernier cas, commencez la réanimation cardio-pulmonaire pendant 2 minutes, puis appelez. Donnez aux secours : l’adresse exacte avec un point de repère (une enseigne, un numéro de rue), le nombre de victimes, la nature de l’accident, l’état de conscience et de respiration. Ne raccrochez jamais le premier : laissez l’opérateur vous guider. Il peut vous indiquer où trouver un défibrillateur automatisé externe (DAE). Ces appareils sont géolocalisés sur l’application « Staying Alive », téléchargeable gratuitement.

En France, plus de 100 000 DAE sont recensés dans les lieux publics, mais 30 % d’entre eux ne sont jamais utilisés par méconnaissance. Un DAE parle : il donne toutes les instructions vocalement, pas à pas, dès que vous ouvrez le couvercle. Si un témoin est présent, demandez-lui d’aller chercher le défibrillateur pendant que vous entamez les manœuvres.

Arrêter une hémorragie : gestes de premiers secours à ne pas négliger

Face à un saignement abondant, chaque seconde compte. Allongez la victime si possible, puis appliquez une compression manuelle directe sur la plaie avec un tissu propre — une serviette, un vêtement plié, une compresse stérile si votre trousse en contient. Maintenez une pression continue pendant 10 minutes sans relâcher pour laisser l’hémostase se faire.

Si le sang traverse le tissu, ajoutez une couche par-dessus sans retirer la première. Surélevez le membre blessé de 30 cm au-dessus du niveau du cœur, sauf suspicion de fracture. En cas d’hémorragie massive, un garrot de fortune (ceinture large, bande de tissu) peut être placé à 5 cm au-dessus de la plaie, mais uniquement si la compression directe échoue et que les secours tardent. Notez l’heure de pose : un garrot maintenu plus de 6 heures risque des lésions nerveuses. Retirez les vêtements pour exposer la plaie et faciliter l’évaluation par le SAMU.

Libération des voies aériennes et massage cardiaque

Libérer les voies aériennes

Agenouillé à hauteur des épaules, basculez la tête de la victime vers l’arrière en plaçant une main sur le front et deux doigts sous le menton. Cette position, appelée « head-tilt chin-lift », dégage la langue de l’arrière-gorge. Retirez un corps étranger visible — dentier, aliment — avec deux doigts en crochet, sans pousser l’objet plus loin.

Approchez votre joue à 3 cm de la bouche de la victime, regard dirigé vers sa poitrine. Pendant 10 secondes, cherchez trois signes : le souffle contre votre joue, le bruit de la respiration, le soulèvement du thorax. Une respiration agonique, lente et bruyante, ne compte pas comme normale. En l’absence de respiration normale, la RCP démarre immédiatement.

Massage cardiaque : rythme, profondeur et position

Placez le talon d’une main au centre du sternum, entre les deux mamelons, l’autre main par-dessus en entrecroisant les doigts. Bras tendus, épaules au-dessus de la poitrine, comprimez le sternum à un rythme de 100 à 120 compressions par minute — le tempo exact de la chanson « Stayin’ Alive » des Bee Gees. Enfoncez de 5 à 6 cm chez l’adulte, en laissant le thorax remonter complètement entre chaque poussée.

Si vous êtes formé, alternez 30 compressions et 2 insufflations d’une seconde chacune. Si le bouche-à-bouche vous paraît difficile, continuez les compressions seules. Des études de 2021 menées par l’European Resuscitation Council montrent que la compression continue seule obtient des résultats presque identiques à la méthode combinée dans les premières minutes. Poursuivez sans interruption jusqu’à l’arrivée du défibrillateur ou des secours.

Utiliser un défibrillateur automatisé externe

Dès que le DAE est disponible, allumez-le et suivez les ordres vocaux. Collez les électrodes sur la peau nue : l’une sous la clavicule droite, l’autre sous l’aisselle gauche, à 10 cm du sternum. Le DAE analyse le rythme cardiaque ; si un choc est nécessaire, il avertit « Choc conseillé — éloignez-vous ». Un bouton orange clignote : appuyez sans hésiter. Reprenez immédiatement les compressions après le choc, sans retirer les électrodes. De nombreux DAE publics sont équipés de pads pédiatriques pour les enfants de moins de 25 kg.

Position latérale de sécurité : protéger les voies aériennes

Quand la victime est inconsciente mais respire normalement, roulez-la en position latérale de sécurité (PLS) pour éviter l’étouffement par les fluides gastriques. Enlevez ses lunettes, retirez de ses poches les objets volumineux. Disposez le bras le plus proche de vous à angle droit, paume vers le haut. Saisissez l’autre bras par l’épaule et la hanche opposée, faites rouler la victime d’un bloc vers vous, en maintenant sa tête alignée. La main du dessous se cale sous la joue, paume vers l’extérieur, pour stabiliser la tête. La jambe du dessus, pliée à 90°, empêche le corps de basculer en arrière.

Vérifiez toutes les 2 minutes que la respiration persiste. S’il fait froid, couvrez la victime avec une couverture de survie, face dorée vers le ciel pour conserver la chaleur. Ne placez jamais une femme enceinte de plus de 6 mois sur le dos : la PLS doit être réalisée sur le côté gauche pour éviter la compression de la veine cave inférieure.

Les erreurs qui retardent les gestes de premiers secours

La panique conduit souvent à des erreurs évitables. Voici les trois plus fréquentes observées en formation :

  • Déplacer une victime sans danger immédiat : une traction sur le bras ou la jambe d’une personne ayant chuté peut aggraver une fracture vertébrale. Laissez-la en place, sauf en cas d’incendie ou de risque d’explosion.
  • Donner à boire ou à manger : une victime d’accident peut avoir besoin d’une anesthésie générale en urgence ; l’estomac doit rester vide.
  • Oublier de se protéger soi-même : portez des gants en nitrile si vous en avez dans votre trousse de secours. Un sac plastique propre peut servir de barrière pour pratiquer le bouche-à-bouche si vous n’avez pas de masque de poche.

L’essentiel des gestes de premiers secours en 5 points

  1. Sécurisez la zone en 10 secondes : repérez les dangers et reculez si nécessaire avant d’approcher.
  2. Évaluez la conscience en demandant de serrer la main ; en l’absence de réponse, vérifiez la respiration pendant 10 secondes.
  3. Appelez le 112 en donnant l’adresse, le nombre de victimes et l’état constaté.
  4. En l’absence de respiration normale, lancez le massage cardiaque à 100-120 par minute, sternum enfoncé de 5-6 cm, jusqu’au DAE.
  5. Utilisez le défibrillateur dès qu’il est disponible, puis poursuivez les compressions sans interruption.

Participer à une session de sensibilisation de 2 heures (coût : 10 € pour les initiations « Initiation aux premiers secours ») ou à une formation PSC1 de 7 heures (60 € environ, souvent prise en charge par l’employeur) ancre ces réflexes. Les sessions sont organisées par la Croix-Rouge, la Protection Civile et les sapeurs-pompiers dans toutes les régions. Un recyclage tous les 2 ans maintient la mécanique des gestes.

Ayez dans votre téléphone l’application « Staying Alive » pour localiser le défibrillateur le plus proche, et enregistrez le 112 dans vos contacts d’urgence. Dans votre boîte à gants, glissez une paire de gants et un masque de poche : moins de 5 € en pharmacie. Un jour, ces 5 € pourraient valoir bien plus qu’un billet de loterie.

Questions fréquentes

Quels sont les 4 gestes de premiers secours de base
Les quatre gestes suivent l’acronyme P.A.S. : Protéger (sécuriser la zone en écartant les dangers), Alerter (appeler le 15, 18 ou 112 en précisant l’adresse, le nombre de victimes et l’état), Secourir. Le secours lui-même se décline en A-B-C : Air (libérer les voies aériennes par bascule de la tête), Respiration (vérifier pendant 10 secondes le souffle, le bruit et le soulèvement du thorax), Circulation (arrêter une hémorragie par compression directe, masser en cas d’arrêt cardiaque). Ces étapes sont enseignées lors de la formation PSC1 de 7 heures, au tarif indicatif de 60 €. Un recyclage tous les 2 ans est recommandé.
Comment faire un massage cardiaque seul
Agenouillez-vous à côté de la victime, placez le talon d’une main au centre du sternum, l’autre main par-dessus, bras tendus. Comprimez le thorax de 5 à 6 cm à un rythme de 100 à 120 compressions par minute (le tempo de « Stayin’ Alive »). Si vous n’êtes pas formé au bouche-à-bouche, pratiquez uniquement les compressions jusqu’à l’arrivée du défibrillateur ou des secours. Interrompez le moins possible. Si vous êtes seul, alternez 30 compressions et 2 insufflations si vous maîtrisez la technique. L’European Resuscitation Council confirme que la compression continue seule reste très efficace dans les premières minutes.
Quand utiliser un défibrillateur automatisé externe
Utilisez un défibrillateur dès qu’il est disponible sur une victime inconsciente qui ne respire pas normalement. Allumez l’appareil, collez les électrodes sur la poitrine nue (une sous la clavicule droite, l’autre sous l’aisselle gauche) et suivez les instructions vocales. Le DAE analyse le rythme cardiaque et ne délivre un choc que s’il détecte une fibrillation ventriculaire ou une tachycardie ventriculaire. Il ne remplace pas le massage cardiaque, qui doit être poursuivi entre les analyses. Après le choc, reprenez les compressions sans retirer les électrodes.
Peut-on déplacer une victime d'accident
Déplacez une victime uniquement si elle est en danger immédiat : risque d’incendie, fuite de gaz, circulation automobile non protégée. Dans les autres cas, laissez-la sur place en attendant les secours, surtout en cas de suspicion de traumatisme du cou ou du dos. Un déplacement même prudent peut aggraver des lésions vertébrales. Si la victime est inconsciente mais respire, placez-la en position latérale de sécurité après avoir vérifié l’absence de traumatisme. Pour une femme enceinte de plus de 6 mois, la PLS se fait sur le côté gauche.
Quelle est la différence entre SAMU et pompiers
Le SAMU (15) envoie une équipe médicale (médecin, infirmier) pour des détresses vitales ou des problèmes de santé graves. Les pompiers (18) interviennent sur les incendies, accidents de la route, noyades, brûlures et réalisent aussi les gestes de secourisme. Le 112 regroupe les deux et fonctionne dans toute l’Europe. Le 114 est réservé aux personnes sourdes ou malentendantes, via SMS.
Photo de Arnaud Mège, Fondateur de Meilleurs Massages

À propos de l'auteur

Arnaud Mège

Fondateur de Meilleurs Massages

Je m'appelle Arnaud Mège. Depuis plus de dix ans, je sillonne les salons de massage en France et à l'étranger — Bali, Thaïlande, Maroc, Japon, Espagne, Portugal — par passion pour le bien-être et la relaxation.

Au fil des séances, j'ai compris qu'un bon massage est l'un des leviers les plus efficaces pour se reconnecter à son corps, relâcher les tensions du quotidien et prendre soin de soi sur la durée. C'est ce qui m'a poussé à créer Meilleurs Massages : aider chacun à trouver le bon praticien près de chez lui, avec des informations claires, vérifiées et nuancées.

Chaque article de ce blog est rédigé avec le souci d'être utile et honnête. Si tu as une question, un retour sur un salon ou une suggestion d'angle à creuser, écris-moi.

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